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Toujours pour susciter le débat... NPA : quel futur nom ? par Raoul Marc Jennar et Jean-Robert Velveth (*) 2-1 Il convient, évidemment, de donner un nom POSITIF au NPA. Notre mouvement en devenir est suffisamment confronté aux critiques – parfois justifiées – d’être uniquement « anti » pour qu’il ne soit point besoin de concéder à nos adversaires cette facilité supplémentaire. Trouver une appellation simple pour notre formation politique se heurte à une difficulté majeure : définir en trois ou quatre mots maximum notre objectif programmatique et notre positionnement sur l’échiquier politique. M^me si les enquêtes d’opinion ne doivent pas guider nos choix, il n’est pas inutile, parfois, de s’y adosser. Un récent sondage est paru dans Libération sur les « nouveaux penchants » à gauche. Le passage suivant résume les tendances : « Cette prégnance des idées de gauche se retrouve dans les références idéologiques personnelles : si l’écologie reste en tête (81 %), la valeur «socialiste» grimpe de 11 points par rapport à 2005 (81 %) (…) et l’anticapitalisme (+ 10 points à 48 %). » Il en ressort deux « valeurs » partagées à plus de 80 % : l’écologie et le socialisme. 2-2 Aucune proposition n’est illégitime a priori, mais impérieuse est la nécessité d'écarter les appellations surannées liées aux tragédies du sanglant XXème siècle. C’est notamment vrai pour le terme « communiste » mais aussi pour tous les mots qui « respirent » la violence et le goulag. 2-3 Quelques camarades – on le sent subrepticement poindre dans le document issu du CAN – semblent penser que garder NPA aurait un avantage : le sigle serait déjà installé dans le paysage politique. Outre que cette appellation - qui a toujours été définie comme provisoire - n’est « fondée » que dans de petits cercles, il serait absurde de confondre vie politique et cycle de vinification. Contrairement au beaujolais qui peut être nouveau tous les ans, une formation politique s’installe dans la durée et ne vendange pas annuellement « sa cuvée »! Le nouveau-né, NPA, ne le resterait que peu de temps avant de déclencher l’hilarité… En outre, conserver cette appellation provisoire nous relèguerait dans « l’anti », nous exposant, ainsi, aux durables sarcasme ci-dessus évoqués. Ce conservatisme entraînerait également une très forte déception chez celles et ceux, nombreux dans la galaxie altermondialiste, qui observent, de près, le processus en cours. Ils, elles attendent un signal positif dont le nom agira comme révélateur. 2-4 Il en va pour le NPA comme pour tous les noms « partisans » : c’est par son utilité auprès de la population laborieuse et le travail militant que sera reconnu, demain, notre parti-mouvement et non par l’attachement à des termes qui seraient des sésames. Le relatif succès du « Bloc de gauche » au Portugal montre qu’il n’est point besoin de faire appel à des termes « révolutionnaristes » pour s’imposer dans le jeu politique comme gauche anticapitaliste. 2-5 Dans NPA, il y a « nouveau ». L’obligation morale et la crédibilité politique nous amènent à promouvoir une totale discontinuité dans le nom du nouveau mouvement par rapport à celui de la LCR. Aussi, ni le terme « révolutionnaire » ni celui de « communiste » ne peuvent être repris. 2-6 Nous devons impérativement qualifier le type de société que nous visons. Invoquer « un socialisme du XXIème siècle » ne peut suffire. A cet effet, il est utile de s’inspirer du texte de François Chesnais et Claude Serfaty sur « l’éco-socialisme »: « L'anarchie du mode de production capitaliste ne se manifeste pas seulement dans les crises, qui sont les moments paroxystiques de ce processus. Elle se manifeste en permanence dans le gaspillage des forces productives, dont le capital essaie de décharger la responsabilité et le coût sur la société. Dans ce cadre, la “ crise écologique ” est la manifestation de la destruction des forces productives, dont les ressources naturelles, pour les besoins de l’accumulation et dans un contexte aggravé aujourd’hui par la domination du capital financier. L'exploitation de l'homme et de la nature jusqu'à épuisement ne reflète pas une contradiction du capitalisme, mais l’antagonisme profond entre celui-ci et les besoins de l'humanité. » C’est bien la commune centralité des questions sociale et écologique, déclinaison jumelle du paradigme éco-socialiste, qui distingue le « vieux » du « neuf » pour acter une rupture avec la désuète pensée traditionnelle à gauche. C’est elle, également, qui va extérioriser le saut qualitatif entre la LCR et le NPA. Notre nouveau mouvement doit porter un projet qui fasse civilisation. Il ne peut se contenter de récidiver, même avec une forme renouvelée, la logomachie d’une extrême-gauche qui ne serait que ripolinée. Notre ambition est autre : définir un enjeu de civilisation, éclairer les choix majeurs d’une société émancipatrice…qui n’a jamais existé. Aussi, la belle formule « d’éco-socialisme » semble s’imposer comme la meilleure synthèse. En écartant le ringardisme caporaliste du mot « parti », nous appelons militantes et militants à s’emparer d’un nom porteur d’une espérance du XXIème siècle. N’ayant pas de formules magiques susceptibles d’emporter l’adhésion spontanée, nous suggérons : -Fédération pour l'éco-socialisme Fédérés - Alternative éco-socialiste L'ALES. - soit tout simplement Eco-Socialistes ! ou ECOS !La gauche 100% à gauche, 100 % sociale, 100 % écologiste. (*) Raoul Marc Jennar, chercheur, militant altermondialiste, a rejoint le processus NPA. Il y milite dans les Pyrénées Orientales. Jean-Robert Velveth, longtemps militant de la LCR, responsable des relations presse de 1998 à 2003 au sein du SBP, a renoué à l’occasion du processus (Paris 12ème). |